· 

Faire équipe avec ses compétences émotionnelles

Mais c'est quoi l'intelligence émotionnelle ?

Howard Gardner, psychologue cognitiviste et neurologue, a identifié 8 formes d'intelligence différentes. L'intelligence émotionnelle est l'une d'entre elles.

Sans entrer dans les détails de ces formes d'intelligence, voici rapidement la liste, telles qu'il les a identifiées :

  • les intelligences scolaires, on mesure intuitivement à quelles habiletés cela se réfère
  • les intelligences d'action : intrapersonnelles (la capacité à faire de l'introspection, à se comprendre soi-même, la connaissance de soi) et interpersonnelle (soit agir et réagir avec les autres de façon correcte, dont les aptitudes relationnelles)
  • les intelligences environnementales : naturaliste (la capacité à utiliser ses connaissances sur l'environnement naturel) et musicale (capacité à penser en rythme e façon mélodique)
  • les intelligences méthodologiques : kinesthésique (la capacité à utiliser son corps dans la vie quotidienne) et visuo-spatiale (qui nous permet d'avoir une représentation spatiale du monde)

Par la suite, une 9 è forme d'intelligence a été ajoutée depuis par Gardner : l'intelligence existentielle, qui serait plutôt en lien avec la capacité à s'interroger sur le sens de la vie de te de la mort.

L'intelligence émotionnelle : une des neuf formes d'intelligences

Sans entrer dans les détails de toutes des formes d'intelligence, on peut retenir que l'intelligence émotionnelle fait partie de cette liste, et s'articule autour de l'intelligence intrapersonnelle et interpersonnelle.

Donc, elle fait appel à notre capacité à faire notre propre introspection, à se comprendre soi-même, et à notre capacité à interagir de façon correcte avec les autres.

En outre, on parle même de quotient émotionnel, au même titre que le quotient intellectuel, qui donc se mesure selon des critères précis, au travers de tests de personnalité et autres outils de mesure.

 

Aujourd'hui, dans le monde du travail, en tant que leader, cadre, manager, CEO, DRH, cette part d'intelligence apparait primordiale, tant pour le leadership individuel, que pour accompagner son équipe. Les seules compétences techniques, l'expertise d'un domaine, ne suffisent plus à nous rendre compétent. Les soft skills, ou compétences comportementales, les savoirs, les compétences relationnelles,  sont aujourd'hui davantage valorisés. Ils sont le sésame des transformations, et facteurs de facilitation dans des organisations bien souvent heurtées par le changement permanent.

 

Ainsi Fabrice, un dirigeant que j'ai accompagné récemment dans le développement de ses compétences émotionnelles, souhaitait trouver une forme d'agilité et de sérénité dans un contexte professionnel. Il l'avait bien compris, et il était particulièrement attentif à développer ses qualités, ses habiletés émotionnelles, sa connaissance de soi en quelque sorte, pour être reconnu à sa juste de façon naturelle à sa juste place de leader. Il était donc en quête d'une forme de santé émotionnelle, dans un contexte où la maîtrise des émotions apparaît comme une donnée non négociable.

 

Donc, l'intelligence émotionnelle, et en particulier l'intelligence interpersonnelle, savoir-faire relationnel, est la compétence phare des leaders. Un must have de nos jours !  A cet égard, pour piloter une équipe, la composante émotionnelle n'est plus à laisser à la porte, et cette dimension pourrait devenir un des fondamentaux du management, au même titre qu'animer un collectif ou se préoccuper de la performance de son équipe.

 

Egalement, faire preuve d'intelligence émotionnelle, développer un apprentissage émotionnel et enrichir ses compétences dans ce champ différent du quotient intellectuel, est aussi utile pour des relations fluides avec ses proches, sa famille, ses enfants, notamment à des moments cruciaux comme l'adolescence, et même en amitié. La composante émotionnelle des relations, au travail comme dans la vie de tous les jours est désormais prise en compte à part entière.

 

Il est à noter que nous y sommes aidés aujourd'hui par un mouvement de vulgarisation des neurosciences, qui facilitent la compréhension et l'appropriation de ces phénomènes qui n'étaient pas jusque là corrélés à une juste posture managériale. 

 

Les compétences de l'intelligence émotionnelle

L'intelligence émotionnelle se caractérise par des compétences, des capacités relationnelles, des habiletés dans le domaine du comportement émotionnel, on peut même parler d'apprentissage, propre à développer son leadership.

 

Ainsi, les compétences émotionnelles désignent la capacité- mise ne pratique- à identifier, comprendre, à exprimer, à gérer et à utiliser ses émotions et celles d'autrui. La sphère émotionnelle devient plus familière, elle est considérée à sa juste place au même titre que les compétences professionnelles. De surcroît, ces compétences jouent un rôle essentiel dans la santé mentale, physique, la performance au travail et les relations sociales.

Daniel Goleman, célèbre psychologue américain, distingue couramment 25 compétences émotionnelles, que l'on peut regrouper en 5 grandes catégories :

  • conscience de soi, dont conscience de soi, reconnaître ses émotions
  • maîtrise de soi, dont gérer ses émotions
  • empathie, aptitude relationnelle cruciale
  • motivation
  • aptitudes sociales

Et la bonne nouvelle,  c'est que s'agissant de compétences, elles peuvent se développer, se travailler, et pas seulement dans les formations managériales. C'est bien plus dans l'intelligence des situations , au quotidien, au sein de nos équipes, que nos apprentissages s'ancrent, et que nos réflexes, dans leur composante émotionnelle, peuvent se développer. 

5 points pour développer ces compétences émotionnelles

Quand Fabrice, un de mes clients, me disait en séance : "je suis trop émotif dans les situations imprévues, j'ai besoin de savoir gérer mon énergie, et je voudrais développer mon aisance relationnelle, que ça se voie à l'extérieur et que je le ressente intérieurement, être aligné", il souhaitait en fait :

  • développer sa capacité à entraîner les gens, dans une forme d'authenticité qui ne nie pas les ressentis et les émotions
  • sortir d'une forme de repli sur soi, et donc vivre ses émotions
  • assouplir l'image du cadre coincé et qui perd ses moyens, et donc apprendre à exprimer son émotion de la façon adéquate

Il était au coeur du développement de son intelligence émotionnelle.

 

Pour développer son intelligence émotionnelle, 5 points sont importants à considérer :

  • prendre conscience de nos mécanismes négatifs (comprendre les émotions également)
  • découvrir les leviers internes, qui nous sont propres, que nous pouvons activer pour évoluer (développer nos capacités et aptitudes, notre intelligence des situations...)
  • développer globalement une meilleure connaissance de soi-même et de nos moteurs, nos motivations dans l'action
  • apprendre à mobiliser nos ressources internes
  • dégoupiller certaines croyances qui nous limitent

En fait toutes ces actions permettent de prendre plus confiance en soi, de faire équipe progressivement avec nos émotions, nos ressentis émotionnels, développer notre assertivité, et donc d'accroître notre leadership.

 

A ce propos, vous vous souvenez peut-être d'Isabelle Kocher, directive générale d'ENGIE, le géant français de l'énergie qui avait été nommée en mai 2016, et remerciée en 2020 en raison d'une "intelligence émotionnelle" insuffisante. C'est en tout cas ce qu'en avait dir la presse à l'époque, et cela m'avait vraiment marquée.

Je retiens cet exemple abondamment commenté dans la presse, qu'in défaut d'intelligence émotionnelle peut, aujourd'hui, amener un dirigeant à se trouver en difficulté, au point d'être évincé de son poste. Par conséquent, le manque d'empathie, le défaut d'écoute, par exemple, et le manque d'une certaine forme de leadership marqué par de bonnes capacités relationnelles et interpersonnelles, peut aujourd'hui se traduire douloureusement dans une carrière.

Enrichir ses compétences émotionnelles, expérience vécue

Etre accompagné sur cette voie des compétences comportementales, dans la prise en compte des émotions, facilite grandement les choses, car pouvoir bénéficier d'un regard extérieur non-jugeant est essentiel. Ce qui n'est pas toujours le cas avec nos pairs ou nos encadrants par exemple, encore moins avec nos proches.

 

En 6 mois d'accompagnement, Fabrice, engagé dans son évolution, a pu développer son leadership, et il a des retours positifs de son équipe sur sa communication interpersonnelle. on lui renvoie davantage l'image d'un dirigeant cool et compétent. Il a su faire preuve d'intelligence émotionnelle, d'adaptabilité, en commençant par développer sa conscience émotionnelle; reconnaître les émotions qui le traversent, les partager de la bonne manière, accepter son vécu émotionnel dan un contexte professionnel, était la première étape.

"A chaque fois que je vous vois, j'ai des prises de conscience", dit-il.

Le chemin vers sa maîtrise émotionnelle lui fait ressentir plus d'aisance dans ses relations, et il a compris un certain nombre des challenges relationnels et émotionnels qui se présentent à lui (communication positive, capacité à donner des feed backs, savoir puiser dans les ressources internes qu'il a aussi pu identifier).

Il a également progressé dans la spontanéité des ses interventions, étant davantage dans l'acceptation et le lâcher prise.

 

Si vous souhaitez un accompagnement personnalisé sur le thème des compétences émotionnelles, au travail par exemple, pour retrouver de la sérénité, et vous sentir plus aligné, accroitre votre leadership, prenez rendez-vous pour un entretien de clarification, gratuit, et sans engagement.

Retrouvez ce sujet et d'autres thèmes reliés au leadership dans mon podcast "équilibres et vous - la boussole du leadership"

Écrire commentaire

Commentaires: 0